Ascension du Triglav
Publié par Pierre dans Récits de voyages et de trek par nos adhérents
Du 2 au 9 Septembre une semaine de randonnée avait été proposée dans les Alpes Juliennes qui se situent aux confins de l’Italie et la Slovénie. Rendez vous à Roissy . A 10h30 ponctuel le vol Air France a décollé sans problème et 1h40 plus tard nous atterrissions à Trieste, mais avant de se reposer dans cette ville bâtie sur l’Adriatique, nous devions effectuer une randonnée sportive en Slovénie,. La mission était l’ascension du plus haut sommet de Slovénie j’ai nommé le TRIGLAV (2864 mètres).
De l’aéroport de Trieste un autobus en 30 minutes vous emmène à Gorizia. La frontière coupe la ville en deux. Version italienne c’est Gorizia, version slovène c’est Nova Goricia, ville moderne et sans cachet. La frontière passe au milieu de la place de la gare . Celle ci se trouve déjà du côté slovène. Ici aussi la mode des tags sur les trains a fait des ravages ! Les trains sont confortables. Nous avons pris notre billet pour le Parc National du Triglav. La gare d’accès s’appelle Bohinjska Bistrica. Dès le départ le paysage est très beau car l’on suit tout d’abord la rivère Soca (Izonso en italien), puis rapidement les premières montagnes apparaissent. Après le plus long tunnel de la ligne 6 kms construit à l’époque de l’empire austro hongrois, nous avons atteint la gare fleurie de Bohinjska Bistrica. Un dernier bus nous a conduit sur les bords du superbe! lac Bohinj. Haut lieu de villégiature huppé pour les slovènes comme les britanniques qui sont nombreux dans la région. Du village de Sveti Janez la randonnée débute entre la rive occidentale du lac et la petite église au coeur du village. Nous avons pris la direction de Stara Fuzina. A la sortie du village nous avons cheminé sans souci vers des prairies bien vertes et de petites forêts. Prêts pour une longue marche positive (+ 1200 m) le premier jour. A la bifurcation signalé Velo Ploje, le chemin monte doucement pour s’élever en lacets. Passée une source l’on marche à l’ombre d’un bois. Après trois heures de marche difficile on arrive enfin au refuge Vodnikov dom à 1805 m. Première nuit avec huit slovènes sportifs tous en t-shirt de même couleur. Ils font une expédition Triglav. La nuit est courte car ils ronflent et se lèvent en plus à 6h00 !!! Au refuge l’ambiance est bonne. Esprit ra! ndonneur, on y mange à toute heure (au menu soupe et saucisse! s, spaghettis, ou goulach) une seule ombre au tableau, le menu d’un refuge à l’autre change peut. 20 euros/nuit en moyenne. La langue de Molière est inconnue. Celle de Goethe est le passe partout avec les responsables des refuges. On s’y couche tôt, idem pour le lever. Le site sur lequel est implanté le refuge Vodnikov dom est magnifique, face à nous le massif Miseljvrh (2350m). Sur la droite le refuge de Dom Planika 2403 m dernière étape avant le fameux Triglav qui se trouve souvent dans le brouillard. Mais quand le sommet est dégagé (2864 m) le spectacle des Alpes Juliennes est grandiose. Ce massif est une montagne sacrée pour les slovène. Et une fierté que l’on trouve même sur le drapeau national. Tout bon citoyen se doit au moins une fois dans sa vie faire cette ascension. Mais la dernière partie y est ardue. Le Triglav se mérite.
Le lendemain matin levé 6h00 départ à 7, après un bon petit déjeuner. Nous avons pris un sentier qui rapidement nous a fait dépasser la limite des arbres. Après un petit plateau au bout d’une heure trente nous sommes arrivés au refuge Dom Planika. Superbe vue. A partir de là, nous avons escaladé les dernières 400 mètres, quelques passages sont difficiles. Heureusement qu’il y a des mains courantes, certaines personnes sensibles auront peut être le vertige. La voie est bien balisée. Le brouillard nous a surpris, le vent était présent, et le froid aussi. Tout d’un coup les slovènes qui montaient avec moi ont crié. J’ai vu tout d’un coup une guérite. Une plaque indiquait Triglav 2864m. Trop de brouillard, je n’ai pas vu le panorama que l’on m’avait parlé. Mais j’ai eu droit à un beau spectacle d’une autre sorte. La coutume veut que l’on ouvre la porte de! cette fameuse guérite blanche (qui a la forme d’un crayon) et les personnes qui pour la première fois atteignent le sommet, doivent se courber et passer leur tête à l’intérieur, là un “ami” doit prendre une corde et doit fouetter les nouveaux ”triglaviens” Après avoir fait circuler le sang, l’on peut redescendre le coeur léger…
Nous avons continué notre randonnée par un très beau coin que l’on appelle Dolina Triglavskih Jezer, et pour ceux qui ont raté les premieres leçons de slovène celà veut dire la vallée des sept lacs. Une descente en douceur -1000 mètres quand même. Nous avons passé une nuit bien méritée au refuge Koca Pri Savici, mais auparavant nous avons fait un détour par les chutes de Savica. Spectaculaire, la Savica se déverse dans un bassin turquoise. Le retour vers la gare de Bohinjska Bistrica s’est poursuivi en bus pour quelques euros. Nous avons pris le train en direction du sud du pays pour une gare frontière Sezana à 15 kms de Trieste qui était la deuxième partie de notre semaine sur les bords de la mer Adriatique. Nous l’avions bien mérité.
Un seul regret, le seul ours slovène que nous avons rencontré était empaillé et se dressait sur ses pattes à l’auberge de la vallée et fait les beaux jours des touristes de passage.Triste réalité.
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