Dimanche 7 septembre 2008 - 28 kms - « Vignobles et bords de Marne »
Ce matin, il fait moche. En gare de Dormans, nous descendons du train sous un insidieux crachin, le ciel est gris (aigri ?) et bas, des lambeaux de brume s’accrochent au vert côtelé des vignobles.
Nous passons sur la rive opposée et suivons un chemin aux herbes mouillées. La Marne est haute, elle charrie cette eau d’un vert laiteux qui m’avait tant plu l’autre jour.
Au village de Trélou-sur-Marne, j’en profite pour aller saluer le totem local (aucune trace des autochtones, sûrement calfeutrés dans leurs tipis) et nous entrons dans les treilles. Avec toute cette humidité, la terre est grasse, notre allure s’en trouve fortement ralentie (quand à notre allure : sûrement cocasse tant notre déambulation doit être saccadée, hésitante eu égard à la glissade ou au dérapage qui serait fatal à nos effets immaculés). Des bourrasques nous jettent des paquets de vent au visage mais au-dessus de nous, le ciel s’éclaircit. Ça bouge là-haut.
Nous passons par les hameaux (très parisiens) de Courcelles et de Passy-sur-Marne. Tout attentionnés que nous sommes, à suivre le tracé d’un GR, nos regards effleurent quelquefois ces noms de prés, de lieux-dits dont les cartes IGN sont truffées. Certains sont parfois évidents : « le Gros Chêne », parfois incongrus : « le Languedoc » ou encore plus singuliers : « le Cul Froid », « la Haute Paillardise » et je me demande bien quels sont les hauts faits de l’histoire locale qui ont déterminé leur dénomination.
Les nuages continuent leurs guérillas d’arrière-garde avec les coins de ciel bleu et tout au long de la journée l’issue du combat paraîtra bien incertaine.
Après le village de Barzy-sur-Marne, je conseille (passé la borne 173, au point 165 sur la carte) de délaisser le GR sur la droite et d’emprunter un étroit sentier qui suit la crête pour se rendre à Jaulgonne : vue imprenable sur la Marne.
Nous déjeunons en bord de fleuve et suivons son cours jusqu’au village de Mont-St-Père oû se tient un vide-grenier. Pas le temps de s’y attarder, malheureusement, car nous devons « tenir » l’horaire. Retour dans les vignes. Sur notre droite, un surplomb rocheux qui se dresse est un endroit apprécié des parapentistes.
Arrêt à la table d’orientation dans les hauteurs au-dessus de Gland puis par une descente (parfois raide) en gradins dans le vignoble, nous atteignons le village de Brasles.
La ville de Château-Thierry produit, concernant sa gare, un curieux effet sur les groupes de randonneurs que j’ai pu y accompagner. Ils mettent en doute son existence et j’ai beau seriner qu’elle existe bel et bien quoique un peu excentrée du centre-ville, un souffle d’irrationalité fait se gonfler et claquer les voiles du doute, voire de la révolte.
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