Nous étions 8 au départ et à l’arrivée, sous le soleil, à nous rendre de l’hôtel de Sens à l’hôtel particulier où vécut Monsieur de Beaumarchais rue Vieille du Temple. Pas très long l’itinéraire me direz-vous, mais nous avons pris des chemins de traverse, et le quartier du Marais est étendu.
Tout d’abord un petit rappel géographique et historique du Marais. Délimité au sud par la Seine, à l’ouest par le bl Beaumarchais, à l’est par Beaubourg et au nord par la rue de Bretagne, nous ne ferons qu’une partie (assez conséquente) du Marais.
Marais, marécages, terrains inexploitables … depuis le 12ème siècle des Ordres religieux et notamment celui du Temple s’installèrent sur ce terrain impropre à la construction, et à la culture. C’est au 17ème S. qu’Henri IV, sur les conseils de Catherine de Médicis, fit assainir le quartier afin de bâtir la place Royale devenue place des Vosges.
Nous commençons notre promenade par une visite de la bibliothèque Forney (du nom de son mécène M. S. Forney, fin du 19ème S.), et du célèbre escalier, vestige des siècles passés. Nous restons dans ce lieu hautement historique : tout le monde se souvient de la Reine Margot et de son époux volage, Henri IV. Marguerite de Valois vécut dans ce lieu et y fit même scandale. De plus, l’architecture y est fine et magnifiquement restaurée … Cependant, nous devons continuer notre route pour d’autres découvertes.
Le Mémorial de la Shoah. Une idée de copains devenue, 2O ans après, une page de notre histoire. Il n’est pas visitable le samedi mais tous les autres jours de la semaine. Nous le contemplons donc de l’extérieur et nous arrêtons quelques instants devant le mur des Justes.
Tout à côté, l’église Saint Gervais qu’occupent les fraternités monastiques de Jérusalem. Dommage, au mois d’août elles ne viennent pas nous réjouir de leurs chants mais il y a toujours les vitraux d’une beauté à couper le souffle, les orgues (les plus vieux de Paris), et puis ce gothique flamboyant. Bref, nous en avons plein les yeux …
Par la ruelle La Cloche Percée, pittoresque, nous atterrissons rue de Rivoli. Pas commode à traverser même au mois d’août. La rue Vieille du Temple nous ouvre les bras, nous cheminons jusqu’à la rue des Rosiers où, depuis la fin du 19ème S. et le début du 20ème S. migrèrent les juifs des pays de l’est ; au passage nous laissons la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, très investie par les personnes gays depuis la fin des années 1980.
Les restaurants typiques de la rue des Rosiers animent notre discussion mais nous ne manquons pas, pour autant, de garder le nez en l’air, car les façades et les terrasses perchées sur les toits sont un régal.
Rue Pavée : la bibliothèque historique de la ville de Paris abritée dans l’hôtel de Larmignon.
Rue Payenne : l’hôtel de Marle appartenant à présent au centre culturel Suédois (très bon déjeuner le samedi et le dimanche midi et pas cher). En face le très joli square G. Caïn à ne pas manquer si vous passez par là.
L’hôtel Salé et le musée Picasso. Il n’y a rien à dire nous connaissons tous la beauté du site. Son jardin.
Ensuite par un dédale de petites rues non fréquentées par les touristes, et verdoyantes, nous arrivons à la place des Vosges. Piqûre de rappel historique : Pourquoi place des Vosges ? Car en 1800, sous le Consulat, elle prend le nom de place des Vosges pour honorer les citoyens de ce département qui payaient leurs impôts les plus rapidement de tous … (ce n’est pas une blague !). La maison de Victor Hugo, l’hôtel de Sully, réalisé en pierre de taille, c’est une merveille du 17ème S.
Incroyable, mais il y a peu de monde rue des Francs Bourgeois pour un samedi après midi … Où sont donc les parisiens ? Ne resteraient-ils que des touristes et nous … Mais nous la quittons pour la place Sainte-Catherine. Dès le 13ème S. Philippe Auguste voulu faire construire une église à Sainte-Catherine mais ce sera Saint-Louis, sous la régence de Blanche de Castille, qui fera poser la première pierre. Viendra un couvent qui sera détruit au 18ème S. et remplacé par le premier marché couvert de Paris, détruit en 1930.
Nous terminons notre visite par la rue des Francs Bourgeois et ses hôtels du 17ème S. Bien entendu, nous ne négligeons pas le jardin du musée Carnavalet et nous nous quittons rue Vieille du Temple devant l’hôtel particulier (avec une façade très sombre) où vécut Monsieur de Beaumarchais.
Texte de Catherine


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