Texte de Catherine.
Malgré un temps « improbable » vous étiez au rendez-vous.
Très vite nous commençons notre périple car pour se rendre au Pont Mirabeau 3heures nous sont nécessaires. Paris à pieds c’est aussi de la distance.
Départ du Pont Marie qui doit son nom à l’ingénieur entrepreneur qui le construisit, Christophe Marie. Edifice du 17ème s., ce qui en fait l’un des plus anciens, au Pont Mirabeau, dont la décision de le construire fut prise par le Président de la République Sadi Carnot en 1893, pas moins de 19 ponts et 2 passerelles nous croiserons.
35 ponts et 3 passerelles recouvrent la Seine. A Paris on bâtit des ponts depuis 2000 ans. Leur ligne change au gré des modes architecturales et des nécessités urbaines, comme l’arrivée du métro ou la découverte de nouveaux matériaux.
Les ponts portent toujours la marque du pouvoir en place et de ses ambitions :
- le Pont Alexandre-III offert à la France par le tsar Alexandre III de Russie pour marquer l’Alliance franco-russe, inauguré pour l’exposition universelle de 1900,
- le Pont Royal entièrement financé par Louis XIV,
- le Pont d’Iéna qui fut construit sur décision de Napoléon Bonaparte et qui imposa le nom de la bataille d’Iéna remporté le 14 octobre 1806. Les 4 piles intermédiaires sont décorées d’aigles impériaux que Louis XVIII avait fait retirer pour y apposer un « L » le singularisant. Etc.
Un péage était demandé pour emprunter les ponts : Pont au Double qui tire son nom du péage qu’il fallait acquitter – un double denier – Ce pont (45m de long / 20m de large) installé sur ce petit bras de Seine fut construit sur ordre de François 1er afin d’y installer des malades près de l’Hôtel-Dieu.
A travers les siècles plusieurs ouvrages ont occupé les emplacements des ponts actuels sous différents noms. Ils étaient construits en bois et étaient à péage jusqu’en 1848, date à laquelle la ville rachète la plupart des ponts.
Les ponts furent garnis de maisons au Moyen-Age, ils furent des lieux de commerce, de soulèvements et de crimes, on venait aussi s’y encanailler, et les artistes leur ont toujours rendu un hommage appuyé.
Une pluie fine est venue parasiter notre balade mais le plaisir de se trouver au pied de la Tour Eiffel scintillante (20h venait de sonner) nous fit vite oublier ce petit désagrément.
Nous arrivons sur l’île des Cygnes qui est une île artificielle sur la Seine de 890 mètres de long sur 11 mètres de large, anciennement digue de Grenelle, elle se situe entre le 16ème et le 15ème arr. de Paris.
Nous installons notre pique nique au pied de la statut de la Liberté : charcuterie, pain, tarte salée, taboulé, fromage, gâteaux, vin, tout est à volonté et nous nous réjouissons d’être au bout de notre parcours. Face au Pont Mirabeau, Christian lit le très joli poème d’Apollinaire : le Pont Mirabeau. ¼ heure plus tard la pluie revient, nous résistons et très optimistes l’on se dit qu’elle va abandonner la partie, la première … Mais c’est nous qui devons nous rendre à l’évidence, non seulement elle ne s’arrêtera pas mais elle redoublera de vigueur. Nous emportons toutes nos provisions sous le Pont de Grenelle, nous les déposons sur des sacs plastiques à même le sol car nous n’avons aucun autre endroit où les poser et nous continuons notre pique nique. De très jeunes gens discutent à côté de nous, ils nous regardent bizarrement … Nous avons osé un pique nique un soir de grande pluie … Merci aux participants pour cette sortie joyeuse, sympa, et où nous nous sommes apportés des informations enrichissantes sur les ponts.


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