Texte de Catherine
Il faisait beau, même chaud, pour la visite des Passages Couverts.
Rendez-vous est pris Place Colette et les jardins du Palais Royal sont à deux pas. Nous nous y rendons. Nous traversons la Cour d’Honneur et l’œuvre de D. Buren, et un cours d’histoire s’impose. Le Palais a été construit par l’architecte J. Lemercier (à partir de 1622) à la demande de Richelieu. Il s’agissait donc du Palais Cardinal puisque Richelieu fréquentait avec « assiduité » le brillant salon que la marquise de Rambouillet tenait en son hôtel.
Il a été entièrement reconstruit vers 1781, des galeries sont alors érigées sur le pourtour du jardin et vendues à des commerçants.
A la veille de la Révolution française, le Palais appartenait à Philippe IV d’Orléans. Et le Palais Royal devint un lieu d’agitation et un lieu de divertissement et de débauche. Puis à la Révolution, le centre de toutes les agitations populaires. Ainsi, le 12 juillet 1789, Camille Desmoulins harangua la foule. La révolutionnaire Anne-Josèphe Théroigne y apparaissait aussi avec sa bande de femmes … Et en 1793 le Palais devient « bien » national.
En 1814 le Palais fut restitué à la famille d’Orléans. Pendant la Commune, fin 19ème siècle, l’édifice fut incendié.
Le Conseil d’Etat s’y installa en 1875. Le Conseil Constitutionnel et le Ministère de la Culture y siègent également. La Comédie Française et le Tribunal des conflits aussi.
Nous poursuivons par les Passages Couverts de Paris. Ils sont un ensemble de voies tracées au milieu des immeubles, abritant le plus souvent des galeries commerciales.
La plupart des Passages Couverts furent construits pendant la première moitié du 19ème siècle, afin d’abriter une clientèle aisée, des intempéries, et de proposer le plus souvent un ensemble de commerces variés. Paris comptera jusqu’à 150 Passages Couverts dans les années 1850 et exportera le modèle vers plusieurs autres villes en France, puis à l’étranger à la fin du 19ème siècle.
Les travaux d’Haussmann, qui ouvrent les quartiers en perçant de grandes avenues, et la concurrence des grands magasins conduiront à la disparition de la plupart des Passages.
« Galerie Véro-Dodat – 1er ». Construit en 1826, ce Passage Couvert tient son nom des deux riches personnages qui l’ont fait construire. Le sol et les plafonds sont joliment décorés. Il est classé depuis peu.
« Galerie Vivienne – 2ème ». Construite en 1823, elle est considérée comme la plus luxueuse de Paris. Son architecture et sa décoration, faites de hauts plafonds ornés de pilastres, d’arcs et de corniches ainsi que de sculptures, en fait un lieu très cossu.
« Galerie Colbert – 2ème ». Cette luxueuse galerie, située à l’emplacement de l’un des anciens hôtels particuliers de Colbert, a expressément été construite pour concurrencer la galerie Vivienne, en 1826.
« Galerie Choiseul – 2ème ». 1825/1827 construite à proximité des Grands Boulevards. Le lieu possède un passé littéraire. A. Lemerre, le premier éditeur des Poètes Parnassiens et Louis-Ferdinand Céline y vécut enfant. Le théâtre des Bouffes Parisiens possède sa sortie secondaire dans le Passage et contribue ainsi à l’animation du lieu.
« Passage des Panoramas - 2ème ». Le Passage des Panoramas a été construit en 1834. Entre les Grands Boulevards et le Quartier de la Bourse, ce passage abrite un théâtre ; il est aussi connu des collectionneurs pour ses boutiques spécialisées en philatélie ou en cartes.
« Passage Jouffroy – 9ème ». Construit en 1845 dans le prolongement du Passage des Panoramas. On y découvre l’une des sorties du célèbre musée Grévin.
Il est un témoin de l’importante évolution technologique du 19ème siècle. C’est le premier Passage entièrement construit en métal et en verre. Il fut également le premier Passage chauffé par le sol. Il a été entièrement rénové en 1987.
« Passage Verdeau – 9ème ». Dans le prolongement des Passages des Panoramas et Jouffroy il fut édifié en 1847. Le Passage tient son nom de M. Verdeau, l’un des promoteurs du Passage. Il possède une haute verrière en arête de poisson et un dessin néoclassique épuré.
L’ouverture de l’hôtel Drouot a attiré de nombreux antiquaires.
Les deux heures de visite dans un Paris du 19ème siècle s’achève dans ce petit passage un peu en retrait. Merci de votre participation intelligente et enjouée à mes sorties.