Dimanche  10 mai 2009   28 kms   « Plein l’ Ysieux »

C’est marrant, il suffit d’ une demi-heure de RER pour se mettre au vert. Champs de blé, de colza, et avec ses chemins creux,  le paysage a des allures de campagne normande. Dans le coin, tous les noms de patelins se terminent par « en-France ». Nous sommes au coeur de ce territoire habité par des tribus franques qui donnera son nom au pays tout entier.

«Puiseux »,  « source des Abîmes », « Bellefontaine », toute la toponymie des lieux est liée à l’eau souterraine. L’Ysieux, elle-même, prend sa source au village de Fosses, tout proche, avant que son cours ne finisse dans l’Oise.

Tout à coup, des sifflements émis dans notre dos nous font nous retourner. Deux cyclistes arrivent à fond de train et n’ ayant pas installé de sonnette sur leur engin (eh, faut gagner du poids coco !) nous signifient par cette manière un peu cavalière notre obligation de nous écarter sur le bord du chemin, et vite.

Devant la détermination de ces excités du pédalier, nous nous écartâmes prestement. Heureusement,  les pratiquants de VTT ne conduisent (et ne se conduisent)  pas tous comme des fous du guidon, roulant à fond les galtouses. Ceux que nous rencontrerons par la suite allaient à une allure normale et prendront la peine d’ échanger avec nous un salut.

Le sentier traverse un terrain de golf. Les golfeurs que nous croisons nous souhaitent bonne randonnée, cela nous change des obsédés du chrono mentionnés plus haut. L’herbe (pardon, le « green ») est couverte de petits points jaunes. À coup de « drive », nos arpenteurs de pelouse fleurissent involontairement le gazon. Nous passons d’une atmosphère feutrée au silence et à la fraîcheur des bois de Jagny où le sentier musarde à son gré.

En sortant des bois, on s’installe en lisière pour déjeuner, cherchant un endroit à l’ abri du vent. Au loin, les clochers et les châteaux d’ eau qui affleurent la ligne d’ horizon permettent de reconstituer notre itinéraire de la matinée.

Maria étant retenue (pour  cause d’ escapade corrézienne), ce fût l’ ami Jean-Claude qui combla nos besoins dionysiaques du jour avec un Passetougrain de fort bon aloi.

Beaucoup succombèrent à une petite sieste réparatrice qui fut seulement troublée par un ronronnement rageur et irrégulier  (imaginez  le bourdonnement d’ un très gros moustique). Un amateur d’ aéro-modélisme s’ entraînait au milieu des champs en faisant décrire dans le ciel de savantes figures acrobatiques à un aéronef miniature. Amusant contraste avec les avions de ligne qui, à basse altitude, entamaient au loin leur approche sur l’ aéroport de Roissy distant d’une dizaine de kilomètres.
Deux dormeurs seulement furent pris en flagrant délit, les autres s’ étant judicieusement réveilllés avant  d’ être capturés sur la pellicule par une  randonneuse facétieuse.

Par un sentier ombragé, nous redescendions le long du golf pour remonter plein nord vers le Chateau d’ Hérivaux et la forêt de Coye où, (au hasard d’une  pause-technique ?), une randonneuse  tomba sur un parterre de muguet qui fût prestement délesté de ses brins. Ainsi fleuri, mais sans slogans ni drapeaux rouges, notre petit groupe s’achemina vers la gare en  un tardif  hommage  au 1er mai .

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