samedi 30 août 2008 32 kms “On se remet à la Brie”
Départ de la gare de Faremoutiers-Pommeuse oû le camping tout proche donne des envies de week-end à certaines. Nous suivons un PR (balisé en GR de pays sur ma carte) au milieu des bosquets, des champs et des vergers. Au lieu-dit La Lavanderie, nous rejoignons le GR 14 et filons plein sud par la “vallée” de l’Aubetin (petite rivière qui nourrit le cours du Grand Morin) jusqu’au village de St-Augustin que nous atteignons par une bonne petite montée bitumée.
Paysage d’une sérénité bucolique avec ces chevaux dans les prés. Nous arrivons à Esse, et suivons le GR 14 qui s’enfonce dans la forêt domaniale de la Malvoisine (dont il serait intéressant de connaître l’origine du nom) oû Philippe IV dit le Bel, le bourreau des Templiers, avait à loisir d’y pratiquer l’art de St-Hubert, épuisant dix chevaux par journée de chasse et oû est située l’action de trois des neufs livres du Roman de Renart. Personnage principal : Maître Goupil, seigneur de Mauperthuis (village limitrophe, à l’est de la forêt) ayant l’habitude de résider dans ce vaste domaine arboré. Au cours de mes nombreuses randonnées en Ile-de-France je n’ai jamais vu un tel type de sentier, nous offrant une plongée aussi parfaite au coeur de la sylve profonde. En empruntant toutes ces laies forestières avec les ramures se rejoignant au dessus de nos têtes et formant des “tunnels de verdure” nous sommes ”coupés de tout” dans cette progression silencieuse.
Au Bois de L’Essart, sortie de la forêt et passage de l’ombre à la lumière, retour en plein cagnard. Sans aucun nuage, le ciel est uniformément bleu et l’astre solaire darde ses rayons sur nos falottes silhouettes. “mauvais temps” pour qui aura oublié son bob (ou sa casquette) ou n’aura pas pris assez d’eau. La blancheur des champs phosphatés me fait penser à un lac de sel oû l’eau se serait évaporée depuis longtemps. Nous passons devant les bâtiments sans ouvertures de la ferme fortifiée des Tournelles et du fait de la proximité de la forêt, les pillards qui rançonnaient les plus riches paysans briards pouvaient y trouver refuge. (explication plausible du nom de Malvoisine ?).
Nous traversons ensuite le hameau du Chapitre (qui ferai un excellent titre de rando : “vous aurez droit au chapitre”), et cap plein est vers le village de Mortcerf oû sur l’herbe humide et à l’ombre, nous décidions de nous arrêter pour la pause-déjeuner (agrémentée d’une bouteille de coteau varois apportée gracieusement par Hervé). Ayant déjà engrangé 18 kilomètres au compteur, sans vraiment faire de sieste, nous prenions notre temps.
Passage devant la gare de Mortcerf puis dans les sous-bois oû l’humidité qui monte du sol nous rafraîchit agréablement.
Sous le viaduc en brique de la ligne de chemin de fer qui dessert Coulommiers, nous expérimentons les qualités acoustiques de l’ouvrage en chantant à plein poumons un couplet (un seul !) d’Amazing Grace, puis nous entrons dans la forêt de Crécy.
Au vu d’une large zone verte (non, pas celle de Bagdad) répertoriée sur la carte, je promettais de l’ombre à satiété pour une bonne partie de l’après-midi. Hélas ! une fois sortis des limites cartographiées de la forêt domaniale il s’agit en fait d’une grande et belle clairière écrasée de soleil.
Vers le centre équestre de la Croix Ste-Marthe, la forêt redevenait plus dense et nous retrouvIons l’ombre bienfaisante dispensée par les hautes futaies.
Mais nous devions vite déchanter et nous remettre à progresser durant 5 bons kilomètres sous un soleil de plomb dont les rayons implacables avaient gardé l’intensité de la matinée.
Visible de loin, la pointe du clocher de l’église de Marles-en-Brie annonçait la fin du calvaire et un arrêt imprévu au bistrot permettait de se réhydrater puis nous rejoignions la gare par un raccourci improbable pour constater, à point nommé, que compte tenu de son important retard , le train était moins pressé que nous.
Tags: Malvoisine

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