Dimanche 8 mars 2009 27 kms « à Soizy, soyez-y ! »
Quoique fort bien faites, les cartes IGN sont incomplètes. Si les gares sont indiquées, leur nom de station lui ne l’ est pas et on ne sait jamais à quelle commune elles sont rattachées. Aussi, lorsque j’ai préparé ma rando, j’ai pris la gare de Moulin Galant pour celle de Villabé, ce qui nous rajoute un bon kilomètre dans la musette. Mais chutt ! motus et bouche cousue, pour l’instant je suis le seul à le savoir.
Il y a du monde aujourd’hui pour cette rando, comme quoi, ça tient à pas grand chose : enlevez une chaussure et la foule se presse.
A l’écluse du Plessis-Chenet, nous traversons la Seine sur une passerelle solidaire d’ une canalisation de fort diamètre. Conduite d’eau ?, gazoduc ? Impression fugace d’ arpenter la coursive d’ une plate-forme pétrolière. CLING ! CLANG ! CLING ! CLANG ! Une dizaine de mètres sous nos pas, le fleuve coule, visible au travers du treillis métallique. « Personne n’ est sujet au vertige ? »
Il pleut et dans les bois à l’ouest de la forêt de Rougeau, les arbres nous offrent la maigre protection de leurs ramures décharnées. Nous déjeunons en bordure du golf de Villeray, sur des tables basses monochromes et monolithiques qui pourraient facilement passer pour des sculptures contemporaines.
C’est le pire temps pour pique-niquer. L’ insidieux crachin s’invite dans nos gobelets, nos gamelles et nos pots de yaourt. Le vent est si violent qu’ il emporte au loin hors de ma fourchette les feuilles d’endives en salade que je m’ apprêtais à enfourner goulûment. Autant vous le dire : nous finîmes nos galtouses en deux coups d’ cuillère à pot. On ne s’ attarde pas, les diverses gâteries du jour : carrés de chocolat, tranches de cake aux figues et aux noix (délicieux !) seront rapidement stockés dans nos estomacs, à l’ abri de l’ humidité.
Durant notre pique-nique, un gros chien sorti de nulle part fît le tour des popotes, le mufle en maraude et lorsque nous repartons, bien évidemment, il nous colle au train.
Il arrive souvent que ces compagnons à quatres pattes lient leur destin au nôtre pour quelques heures, quelques kilomètres, provoquant parfois l’ inquiètude de certains membres du groupe qui doutent de l’aptitude du clebs à retrouver le chemin de sa niniche.
A la ferme du Fresne, deux randonneuses nous abandonnent. Il est vrai que l’allure matinale était un peu rapide (chassez le naturel, il revient au galop). La carte ne correspond plus ici avec ce que je vois sur le terrain : lotissements, rond-points, zones d’activités et rocades, tout cela a été édifié depuis 1991. Je coupe au plus court pour traverser la Francillienne, histoire de rééquilibrer les distances et nous nous dirigeons vers Tigery lorsque une randonneuse préoccupée par l’importance du traffic routier nous avise que ceci pourrait être fatal à notre toutou suiveur (l’avenir donnera raison à ses conjectures car après Tigery nous trouverons un cadavre de chien en bordure de la route).
Avant qu’une auto ne percute Rantanplan, l’ Milou portant autour du cou un large collier sur lequel sont inscrits deux numéros de bigophone, j’appelle le maître afin qu’il vienne récupèrer son fidèle Rintintin.
Nous donnons rendez-vous au proprio (qui m’a semblé sortir de sa sieste) dans le square au centre du village en gardant un oeil sur le cerbère, manquerait plus que Médor se barre, on aurait l’air fin !
Tiens, le v’ la qui s’ radine, dans sa catroumotrisse. Remerciements d’usage avant de prendre congé, le gars est bien sympa. Ayant fait notre BA du jour envers les possesseurs de 4×4, nous reprenons la route.
Toujours dans Tigery, nous tombons sur une mignonne qui promène son placide colley et devinez quoi : deux biquettes miniatures (le loup de la chèvre de Mr. Seguin n’en aurait même pas voulu pour son casse-croûte).
Retour dans les sous-bois, où nous retrouvons des sentiers que les cavaliers, par le piétinement régulier de leurs chevaux, se sont employés à transformer en bourbiers infâmes, ce qui ne manque pas de faire « râler la troupe ».
Là encore, le balisage sur le terrain ne concorde plus avec le tracé du GR sur ma carte. Un peu désorienté, je m’engage sur un demi-kilomètre dans un chemin qui n’ est pas le bon avant que les repères de mon environnement immédiat ne m’aident à me situer de nouveau. Sous les quolibets, les ricanements et les jets de pierres (non là, j’ exagère un peu), j’ invite alors mon groupe à rebrousser chemin. Il faut persévérer parfois dans son erreur pour être vraiment sûr que l’ on fait fausse route.
Salle d’attente de la gare d’Evry, des regards interrogatifs et amusés soulignent l’ incongruité de notre tenue : chaussures crottées, bas de pantalons boueux. Quelqu’un finit par céder et nous demande : « d’où venez-vous ? ». Nous lui racontons alors le périple de notre journée, carte dépliée en main pour appuyer la démonstration et les yeux s’écarquillent encore plus. Des toqués qui passent leur temps libre à venir marcher dans la boue !
Dans le train du retour, fuse cette réflexion : « comme quoi hein ! même les pros, ils peuvent se tromper ! »
Méfions-nous des gens prompts à nous encenser. Ceux-là même qui vous placent sur un piédestal seront les premiers à vous y mettre à bas. Leurs compliments comme leurs critiques doivent faire l’objet d’ un même traitement : une indifférence polie.
P S : compte tenu des improvisations et des modifications apportées au trajet initial, je vous fais part, comme promis, de la distance effectivement parcourue durant la rando : 30 kms (avec toutes mes félicitations)
Mots-clefs :Médor, Milou, RanTanPlan, Rintintin

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